Accessibilité numérique depuis 2007

Étiquette : Koena

  • 3 questions à… Mai-Lan Masson, Directrice régionale Île-de-France chez Arcesi-EA

    Arcesi-EA est l’un de nos partenaires, et ça ne date pas d’hier ! Des échanges réguliers depuis plusieurs années, et des collaborations sur différents projets et appels d’offres pour le secteur public et privé, nous ont permis de mieux nous connaître et de faire de ce partenariat, nous l’espérons, un facteur de richesse humaine. Un premier projet a pu voir le jour récemment pour le compte d’un client dans le secteur bancaire. Arcesi s’est joint à Koena pour accompagner le client sur un audit d’accessibilité. Koena a le plaisir de former et faire monter en compétences des personnes de chez Arcesi-EA notamment sur de l’audit RGAA.

    Nous sommes principalement en contact avec la directrice régionale Île-de-France d’Arcesi-EA, Mai-Lan Masson. À travers 3 questions, elle définit la relation entre Arcesi-EA et Koena.

    Entretien avec Mai-Lan Masson, Directrice régionale Île-de-France d’Arcesi-EA

    Pouvez-vous nous présenter Arcesi-EA en quelques mots :

    Arcesi-EA est un groupement d’Entreprises Adaptées intervenant dans les métiers de l’informatique et du numérique. Depuis sa création en 2013 à Toulouse, l’entreprise s’est fortement développée et couvre un territoire géographique large puisque nous avons des agences à Paris , Lille, Nantes, Bordeaux, Marseille et Lyon.

    Notre mission principale : Créer de l’emploi.

    Nous recrutons majoritairement des personnes en reconversion professionnelle et en recherche d’emploi, qu’ils soient en situation de handicap ou non. Nous mettons en place un accompagnement personnalisé sur le plan de la Santé et du Handicap mais également sur le plan opérationnel afin de garantir une qualité de service en tenant compte des situations de chacun. Nous avons tous une histoire riche et diversifiée, nous sommes fiers d’être des acteurs permettant le retour à l’emploi

    Comment qualifieriez-vous le partenariat avec Koena ?

    J’ai rencontré Armony en 2018, suite à des questionnements autour de l’accessibilité numérique et autour d’un aménagement de poste à mettre en place pour un apprenant déficient visuel.

    Cette première rencontre a été riche en apprentissage, en découverte et en partage autour de nos métiers. Depuis cet échange, j’ai souhaité développé un partenariat avec Koena, sans trop savoir au départ quelle direction donnée. Plusieurs valeurs lient nos sociétés :  lutter contre l’exclusion numérique, innover pour créer du lien entre les personnes : mettre l’humain au cœur de nos métiers.

    C’est alors qu’en 2021, une opportunité business a été donné à Arcesi autour des sujets de l’accessibilité numérique, c’est dans ce cadre que nos deux sociétés ont pu initier une première étape de partenariat, en formant des ressources et répondant à un marché commun. Arcesi a pu s’appuyer sur l’expertise de l’entreprise Koena et transformer les pistes de partenariat en projet concret.

    En quoi Arcesi-EA et Koena se complètent ?

    Nos entreprises se complètent dans le sens où nous avons les mêmes valeurs, nous plaçons l’humain avant toutes choses et travaillons activement à l’inclusion et la diversité dans les métiers du numérique.

    Par ailleurs, Arcesi est référencé auprès de grands comptes et nous sommes sollicités pour des projets autour de l’accessibilité numérique, mais à ce jour, nous ne sommes pas expert en la matière. C’est pourquoi, nous travaillons étroitement avec Koena afin de monter en compétences en nous appuyant sur leur expertise dans ce domaine.

    Notre partenariat prend tout son sens, car Koena souhaite travailler sur des projets à valeurs ajoutées en nous déléguant les projets « plus simples », dans le but d’accroître les compétences d’Arcesi sur la réalisation des audits par exemple.

    Arcesi étant une Entreprise Adaptée et Koena, une Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale, notre objectif commun est de mettre en avant les valeurs humaines de nos métiers.

    Nous avons chacun notre réseau et nous nous appuyons là-dessus pour créer des synergies et des évènements en commun. Mais avant de mettre en avant nos valeurs communes à travers les réseaux sociaux et autres, nous travaillons déjà régulièrement ensemble sur des appels d’offres et des projets grands groupes du secteur public et privé. »

    Et puis les 2 directrices de structure représentent bien la féminisation dans les métiers, et comptons bien continuer à attirer des femmes dans le numérique 😉


    Texte : Emma Jalis
    Illustration : photo + montage Canva

    Date de publication : 22/04/2022

  • Les talents d’Argenteuil : “Ici on a des entreprises innovantes !”

    « Argenteuil regorge de talents ! » ? La mairie de la ville l’a démontré avec une courte vidéo « Ici on a des entreprises innovantes ». Koena y a alors participé en ouvrant les portes de ses locaux. Être filmé au bureau est un exercice plus difficile qu’il en a l’air et c’était une première pour une partie de l’équipe !

    D’autres entreprises ont également joué le jeu : École Nationale des Professions de l’Automobile GARAC, l’Ouvre Boîte, l’Agence de FAB, Hexagone Manufacture, Alantys Technology, BAMO Mesures, Givaudan France et Angus Chimie.

    Vous n’avez pas encore vu la vidéo ? Découvrez-la sur notre compte LinkedIn !

    Nous vous proposons donc ci-dessous une version texte de cette vidéo réalisée par la mairie d’Argenteuil.

    Ainsi, nous reproduisons l’enchaînement des textes tels que annoncés, et ajoutons entre crochets la description des images quand c’est pertinent.

    Bonne lecture !

    Transcription de la vidéo “Ici on a des entreprises innovantes !”

    • Argenteuil 

    [Images : vue panoramique de la ville d’Argenteuil]

    • Ici on a… des entreprises innovantes !

    [Images : vue panoramique de la ville d’Argenteuil]

    • des pôles de formation d’excellence
    • École Nationale des Professions de l’Automobile GARAC

    [Images : extérieur et locaux de l’école, mise en situation des apprenants et des formateurs]

    • un incubateur d’entreprises dynamique
    • L’Ouvre Boîte – Pépinière et création d’entreprises

    [Images : extérieur et locaux de l’entreprise, mise en situation des employés (bureaux, réunion)]

    • des manufactures artisanales
    • L’Agence de FAB

    [Images : extérieur et locaux de l’entreprise, mise en situation des employés avec les matériaux de fabrication]

    • un savoir-faire industriel renommé
    • Hexagone Manufacture

    [Images : extérieur et locaux de l’entreprise, mise en situation des employés avec les produits et les matériaux de fabrication]

    • Alantys Technology

    [Images : extérieur et locaux de l’entreprise, mise en situation des employés avec les produits]

    • BAMO Mesures

    [Images : extérieur et locaux de l’entreprise, mise en situation des employés avec les matériaux de fabrication]

    • Givaudan France

    [Images : extérieur et locaux de l’entreprise, mise en situation des employés avec les produits et les matériaux de fabrication]

    • une expertise en Recherche et développement
    • Koena, accessibilité numérique et inclusion des personnes handicapées

    [Images : locaux de l’entreprise, mise en situation des employés (bureaux, réunion)]

    • Angus Chimie

    [Images : extérieur et locaux de l’entreprise, mise en situation des employés avec les matériaux de chimie]

    • Et tellement d’autres talents encore ! Argenteuil, ville à vivre et à partager

    [Images : vue panoramique de la ville d’Argenteuil]

    [Le logo de la ville d’Argenteuil apparaît]


    Texte : Emma Jalis
    Illustration : Capture d’écran de la vidéo « Ici on a des entreprises innovantes »

  • Discrimination ordinaire : la parole à Adeline, dyslexique

    Le 14 octobre, 10h03 : Adeline Barthélémy, chargée de développement et des partenariats chez Koena, reçoit un mail. Il provient d’une directrice du Numérique Responsable d’une grande entreprise publique. Tout au long de l’article, nous l’appellerons “entreprise publique”. 

    Ce mail fait suite à une proposition d’accompagnement. Celle-ci ne souhaite pas travailler avec Koena. Ce genre de refus n’est pas problématique en soi. Quel est le problème alors ? Adeline, dyslexique, a été victime de discrimination ordinaire. Elle manquerait « de professionnalisme » en raison de ses « fautes » d’orthographe…

    La dyslexie

    Avant d’expliquer le contexte de la discrimination, définissons le handicap d’Adeline : la dyslexie. Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), la dyslexie est 

    un trouble spécifique de la lecture. Il s’agit aussi d’un trouble persistant de l’acquisition du langage écrit montrant de grandes difficultés de dans l’acquisition et dans l’automatisation des mécanismes nécessaires à la maîtrise de l’écrit (lecture, écriture, orthographe…).

    Les troubles DYS sont séparés en 6 catégories :

    • Dyslexie et dysorthographie : troubles spécifiques de l’acquisition du langage écrit ;
    • Dysphasie : troubles spécifiques du développement du langage oral ;
    • Dyspraxie : Les troubles spécifiques du développement moteur et/ou des fonctions visuo-spatiales ;
    • Troubles d’attention avec ou sans hyperactivité : troubles spécifiques du développement des processus attentionnels et/ou des fonctions exécutives ;
    • Les troubles spécifiques du développement des processus mnésiques : troubles de l’acquisition d’un souvenir (encodage), les troubles du maintien de ce souvenir à long terme (stockage), et les troubles de la réutilisation de l’information stockée (récupération) ;
    • Dyscalculie : troubles spécifiques des activités numériques.

    En France on parle de 6 à 8% de [personnes avec des] troubles dys. On peut dire que 4 à 5 % des élèves d’une classe d’âge sont dyslexiques, 3% sont dyspraxiques, et 2% sont dysphasiques. Aucune étude fiable n’a donné un chiffre des troubles DYS en France.

    D’après la Fédération Française des DYS (FFDys)

    Les échanges avec l’entreprise publique

    Le premier contact entre Adeline et l’entreprise date du 9 septembre 2021. À la suite de ce rendez-vous, notre chargée de développement et des partenariats a envoyé un devis pour un audit. L’entreprise a finalement choisi de travailler avec une autre société. La politique qualité de Koena nous amène à toujours demander les motifs du refus pour améliorer en continue nos offres. Adeline a donc pris contact pour connaître les raisons pour lesquelles notre offre n’avait pas été retenue. Voici le mail de réponse qu’Adeline a reçu  :

    Honnêtement, j’ai trouvé que votre présentation manquait de professionnalisme. Je trouve le ton des échanges peu approprié et les efforts portés sur la forme insuffisants (cf. les fautes d’orthographe de votre précédent mail).

    Extrait du mail de la directrice du Numérique Responsable de l’entreprise publique

    Or il se trouve qu’Adeline prévient toujours ses interlocuteurs de sa dyslexie, et des éventuelles fautes d’orthographe qui vont avec, avec une petite phrase accompagnant sa signature, comme suit :

    Adeline BARTHÉLÉMY
    Chargée de développement et des partenariats

    P.S. : je suis dyslexique et utilise la dictée vocale pour dicter mes messages écrits. S’il manque un mot ou si vous constatez des coquilles qui rendraient le message peu compréhensible, n’hésitez surtout pas à m’en parler ! 🙂

    Signature mail d’Adeline

    Un parcours similaire

    Pauline Delahaye, titulaire d’un doctorat en sciences humaines et ancienne salariée de Koena, est dyslexique. Nous l’avons tenu informée des échanges de mails avec la directrice du Numérique Responsable de l’entreprise publique. Pauline a subi des discriminations similaires à celle d’Adeline :

    Quand je fais des présentations de mes travaux, je ne peux pas me contenter des notes sur le Power Point. J’ai besoin de créer ma mise en page avec des écritures que je choisis et des majuscules en couleur. Il y a un côté assez humiliant parce qu’on a une culture dans laquelle on lie l’écriture et la lecture avec le professionnalisme voire même l’intelligence. J’ai eu de la chance d’être bien entourée par ma directrice de thèse notamment. Elle relisait mes travaux. Maintenant que je travaille sur l’ordinateur, c’est le correcteur orthographique qui m’aide.

    Pauline Delahaye, docteure, chercheuse à l’université de Tartu, Estonie

    3 questions à Adeline Barthélémy

    Koena décide de mettre en lumière ce mail pour éveiller les consciences sur la discrimination ordinaire liée à l’orthographe, et sensibiliser sur la dyslexie. En 3 questions, Adeline se confie suite aux échanges avec l’entreprise publique :

    La dyslexie affecte-t-elle ton quotidien professionnel ?

    Il y a des périodes où je suis + fatiguée. Quand je dois amasser beaucoup d’informations et être réactive avec un prospect, j’utilise ma commande vocale pour les mails. Je veux aussi faire l’effort d’écrire même si je fais des fautes d’orthographe. Aujourd’hui, j’assume pleinement mon handicap et ma dyslexie : c’est noté dans ma signature mail. Le fait d’avoir écrit une phrase en signature m’enlève une pression et un jugement d’une personne qui pourrait se dire « Elle ne sait pas écrire » ou « Elle ne parle pas bien Français » alors que c’est lié à mon handicap. J’ai eu des retours de prospects qui appréciaient la démarche. Ils sont donc bienveillants concernant mon écrit.

    Il y a 10 ans, je ne savais pas qu’il y avait des logiciels adaptés aux personnes dyslexiques. J’avais surtout peur du jugement des employeurs. En tant que dyslexique, c’est beaucoup de fatigue et de concentration pour faire un mail. Je n’ai pas trouvé une entreprise, jusqu’à Koena, qui a accepté mon handicap et qui me donne les bons outils pour pouvoir travailler. J’ai eu connaissance que la dyslexie est un handicap seulement depuis 2018. Je n’ai pas peur d’écrire, mais il me faut un aménagement de poste. Maintenant, je ne me cache plus pour ne plus être en difficulté.

    D’après la directrice du Numérique Responsable de l’entreprise publique que nous évoquions, ton orthographe est négligée et tes mails manquent de professionnalisme. Qu’as-tu ressenti et fait suite à ce mail ?

    À la lecture du mail, j’ai ressenti de la tristesse. Je me suis sentie comme une serpillière, une moins que rien. Ces quelques lignes m’ont beaucoup affectée parce que la directrice du Numérique Responsable n’a pas hésité à me renvoyer à ma dyslexie et c’est plus facile de juger les défauts d’une personne que ses qualités. Suite à ce mail, j’étais incapable d’avoir des bons arguments face à cette discrimination. Je suis donc allée voir Armony Altinier, la fondatrice de Koena, pour répondre de manière professionnelle.

    Afficher ces informations sur le site de Koena peut faire changer les mentalités des employeurs face à une personne en situation de handicap. Il suffit d’adapter le poste, mais on préfère discriminer. J’ai été amenée à penser que cette entreprise publique n’accepte pas la différence et le handicap. Je suis en situation de handicap, je l’indique et je n’ai pas à rentrer dans une case. La société n’aide pas les personnes en situation de handicap.

    Pour conclure, quel serait le mot de la fin pour les autres personnes dyslexiques qui nous lisent et connaissent les mêmes difficultés que toi ?

    Trouvez votre mode de fonctionnement parce que chaque dyslexie est différente, testez des logiciels pour trouver la commande vocale qui vous correspond, renseignez-vous sur l’adaptation de poste et assumez pleinement votre handicap pour être à l’aise sur votre poste. Vous ne devez pas avoir honte, mais être transparent avec votre employeur. Il ne faut pas se décourager !